Tropique de la violence, Natacha Appanah, Gallimard, 17.50€

tropiqueComment parler d’un roman si dur, d’une histoire si horrible, poisseuse d’une réalité dont nous sommes ici si bien protégés ?!

Mayotte, 101e département français, Mayotte qui a voté dans les années 70 conte l’indépendance des Comores, restant ainsi dans le giron de la République Française et devenant, peu à peu dans la région une destination pour les kwaff kwaff, ces bateaux surchargés de migrants plein d’espoir venus des îles environnantes, Comores, Mada, et autres pays africains…

« Mais c’est la France ici quand même ! », s’exclamera le vaillant employé en service civique de la maison des jeunes, fraîchement arrivé de métropole, abasourdi devant l’ampleur de la misère qu’il découvre…

C’est absolument incroyable, la justesse des mots et du choix des temps de narration de Natacha Appanah pour raconter cet enfer, pour montrer dans quoi une société pareillement boiteuse prend ses origines, et comment ceux qui la constituent, Marie, Moïse au yeux vairons le porte malheur envoyé par les djinns, Bruce le chefs de « Gaza » (ghetto qui porte hélas bien son nom…) et tous ces écorchés se sont construits -ou surtout consumés-, livrés à eux-même…

Cécile

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Négar Djavadi, samedi 19 novembre

Samedi 19 novembre à 11h,

Négar Djavadi, l’auteure du très remarqué Désorientale, gros coup de cœur de Sara chroniqué ici à la rentrée, vient à notre rencontre dans le cadre du festival Lettres du monde !
« Dramédie », contes à foison, épopée entre Iran et France, ce premier roman est un succès mérité, nous avons hâte de la rencontrer !

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Petit Pays, Gaël Faye, Grasset, 18€

petit-paysQu’est-ce qu’il est beau ce Burundi dans sa robe de bougainvilliers, auréolé de soleil et sucré comme les grosses mangues que le jeune Gabriel savoure chaque jour ! Un petit pays joli où il peut faire les quatre cent coups avec sa bande de copains et grandir, et s’épanouir, et rêver surtout. Mais petit à petit, la guerre dont lui parle sa mère rwandaise s’immisce dans leur quotidien. La violence prend toute la place, mais l’enfance, elle, comment la conserver ?

Un très bon premier roman largement autobiographique qui soulève l’air de rien de nombreuses questions universelles. On se laisse mener de rires en drames, d’espoir en désespoir, et reçoit le message de Gaël Faye en plein cœur : même si l’horreur s’impose, la beauté est là, omniprésente.

Sara

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Une mort qui en vaut la peine, Donald Ray Pollock, Albin Michel, 22.90€

pollockCane, Cob et Chimney sont trois pauvres gosses malmenés par leur père, une espèce de raté taré qui les fait pousser bon an mal an au milieu des champs qu’il loue à un riche propriétaire. A sa mort, les trois gaillards décident de suivre les traces de leur héros Bloody Bill Bucket – personnage assez peu fréquentable tiré d’un roman de gare qui part en lambeaux à force d’être lu et relu –  zigouillent leur méchant propriétaire et partent à l’aventure sur des chevaux volés. C’est le début d’une improbable épopée sanglante, truculente et dramatico-comique à la sauce Tarantino.

Préparez-vous à rencontrer un ramassis de saligauds fichtrement attachants, crasseux, alcooliques, plus dingos les uns que les autres, obsédés, de mauvaise foi, bref une belle brochette représentative de la lie de l’humanité que l’on ne peut pas détester et que l’on a envie de voir s’en sortir.
Cul-terreux et autres pieds-tendres s’abstenir !

Coline

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