1Q84, Haruki Murakami, Belfond, 23,50€

Ce roman est un miroir sans tain.

D’abord le miroir de deux personnages aussi éloignés l’un de l’autre que la première image de l’homme devant son premier reflet, jusqu’à ce que le petit doigt affleure le verre. Là deux mains se sont jointes dans le passé et l’on devine qu’avant la fin du 3ème tome (prévu bien tard au printemps 2012) elles se rencontreront de nouveaux, ou s’affronteront, s’effriteront, se confronteront simplement parce que tout est toujours bienveillant chez Murakami. On n’y trouve jamais le mal radical même si le lecteur est tenté de le rechercher, tant pis pour lui.

Miroir aussi dans l’œuvre de Murakami. Dans ses autres romans cultes, la « Ballade de l’impossible », « Kafka sur le rivage », « Chroniques de l’oiseau à ressort »,  la course au mouton sauvage ou la fin des temps, ce sont ses personnages qui vont à la rencontre d’un mystérieux entre deux, ils vont se confronter à un environnement magique, « comme un flot de gens le soir qui va vers la gare ».

On se trouve avec 1Q84 dans cette frontière aussi tenue que tectonique de deux mondes. En revanche, ici c’est l’environnement qui vient à la rencontre des personnages, le roman ne va pas du dedans vers le dehors, il prend le chemin inverse, du dehors vers le dedans et sans être pour autant plus ou moins menaçant. C’est en cette construction que j’ai perçu cet effet miroir. Le monde est une lutte entre un souvenir et un autre souvenir.

Sans tain parce que l’on devine que l’important c’est la rencontre plus que le sens qui la guide.

Sans tain surtout parce que l’on retrouve la stupéfiante efficacité de narration de Murakami, c’est simple et fluide, l’on se sent entraîné dans cet univers d’écriture, pas un mot compliqué, toute une apparence tranquille et l’on se découvre en train de dévorer 500 pages comme un polar. C’est foisonnant.

A lire Murakami, l’on se dit que seule la littérature ou la poésie autorise des voyages dans le temps, l’espace et les sens, à la fois dans le continu et le discontinu. La littérature ou le rêve, parfois.

Jean-Luc
(Ils existent en poche à 9,60€ chacun !)

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